Historique

Zoom sur 9 périodes clés de Cancer et Cognition. Flash-back.

Avant 2007 : peu d’outils, beaucoup de plaintes

L’impact du cancer comme de ses traitements (chimiothérapie, thérapies ciblées) sur les fonctions cognitives sont mal connus. La question ne suscite pas beaucoup l’intérêt de la communauté scientifique. Plusieurs études ont cependant été publiées, essentiellement sur des patientes atteintes d’un cancer du sein. Pour autant, en raison d’échantillons de patients très réduits dans les études et du faible nombre d’études cliniques longitudinales et de modèles animaux dédiés, il n’existe aucune étude réellement satisfaisante évaluant les mécanismes reliant la question du cancer et de la cognition.

La problématique mérite pourtant que l’on s’y penche : voilà de nombreuses années que les oncologues enregistrent chez leurs patients des plaintes relatives à des troubles persistants de la mémoire, de la concentration, de la réflexion.

2007: Groupe de pionniers au Cancéropôle Nord-Ouest

Le Cancéropôle Nord-Ouest (CNO)  développe depuis 2007 un axe de recherche intitulé « Cancer et Neurosciences ». Très vite, à l’initiative du Pr Florence Joly (oncologue médical au Centre François Baclesse de Caen), un programme phare « Cancer et Cognition » entièrement dédié à l’étude de l’impact du cancer et de ses traitements sur les fonctions cognitives des patients est mis en place. Il mobilise les différents sites du CNO (Caen, Rouen, Lille, Bruxelles) et se compose de médecins sensibilisés à la recherche clinique, de chercheurs spécialisés en sciences humaines et sociales, en psychologie ainsi que d’équipes de recherche en Neurosciences pour réaliser l’imagerie cérébrale des patients et l’étude des mécanismes cellulaires et moléculaires mis en jeu. Multidisciplinaire et original, ce programme n’a pas d’équivalent sur le territoire français, et le CNO se positionne rapidement comme leader national dans la recherche sur la prise en charge sur le plan cognitif des patients atteints de cancer et traités par chimiothérapies et/ou thérapies ciblées.

Son premier projet – baptisé COG-AGE – est ambitieux, transversal et inédit : étudier spécifiquement l’impact de la chimiothérapie adjuvante chez les patientes âgées traitées pour un cancer du sein localisé en intégrant en parallèle des modèles animaux .Ce projet est soutenu par par le CNO, l’INCa et par le Laboratoire Sanofi-Aventis.

2008 : reconnaissance internationale

Grâce au Cancéropôle Nord-Ouest (CNO), un premier séminaire national “cancer et fonctions cognitives” a lieu en Normandie (Deauville) qui participe fortement à la consolidation du groupe originel. Les équipes cliniques et de recherche des sites de Rouen, Caen, Lille et Bruxelles s’imposent comme les pionniers sur la question en France. L’ICCTF – International  Cognition and Cancer Task Force – identifie le groupe de travail du CNO en leur proposant de participer à des ateliers spécifiques et la rédaction de référentiels sur l’évaluation neuropsychologique en cancérologie.

La mise en place de réseaux nationaux et internationaux s’enclenche, permettant notamment la validation d’un questionnaire – le FACT-Cog – élaboré avec le CORES (Center of Outcomes, Research and Education de Chicago) permettant désormais l’évaluation des troubles de la cognition ressentis par le patient. Dès lors, d’autres projets pilotes voient le jour. Cancer et Cognition éveille enfin l’intérêt de la communauté scientifique.

2011 : Des travaux originaux sur les thérapies ciblées

Le consortium « Cancer et Cognition » initie des travaux tant auprès des patients qu’à l’aide de modèles animaux comportementaux permettant d’évaluer l’impact des thérapies ciblées sur les fonctions cognitives :

  • Une étude clinique pilote longitudinale nationale COG-ANGIO, pilotée par le Cancéropôle Nord-Ouest (CNO), démontre ainsi pour la première fois que les thérapies ciblées anti-angiogéniques ont un impact négatif direct sur les fonctions cognitives des patients traités pour un cancer du rein métastatique.
  • les thérapies ciblées anti-angiogéniques sont évalués dans un modèle comportemental préclinique grâce à l’utilisation du BEVACIZUMAB et des anticorps dirigés contre le VEGF de souris (Material Transfert Agreement exclusif avec Genentech US – ROCHE France)

2012 : un symposium international de première importance

Le consortium « Cancer et Cognition » du Cancéropôle Nord-Ouest bénéficie maintenant d’une visibilité internationale par son intégration dans l’International Cancer and Cognition Task Force (ICCTF) dans laquelle il représente la France. Il est à ce titre chargé d’organiser le meeting international de l’ICCTF à Paris du 15 au 17 mars 2012. Cet événement majeur qui rassemble plus de 200 participants venus du monde entier assoie son rôle de leader sur la thématique.

2013 : bilans positifs à tous les niveaux

Le soutien infaillible du Cancéropôle Nord-Ouest tant en termes de ressources humaines que de soutien de programmes sur la thématique “Cancer et Cognition” a permis de formidables avancées et la légitimité et la notoriété du consortium gagnent du terrain. Les résultats de ses travaux, et en particulier de l’étude COG-AGE, font l’objet de deux communications orales à l’American Society of Clinical Oncology (ASCO).

Le consortium est à l’initiative du 2ème séminaire national interCancéropôles / INCa en juin à 2013 Lille sur la thématique « Fonctions cognitives et Cancer » et participe à la 1ère journée Interrégionale Cancer et Neurosciences co-organisée par le GIRCI Est et le Cancéropôle Grand-Est.
Le consortium intègre dans la Task Force européenne « Cancer et Cognition » de l’EORTC.

2014 : le modèle animal porte ses fruits

  •  L’ étude développée chez des souris jeunes et âgées a permis de mettre en évidence des mécanismes spécifiques liés à l’âge ainsi qu’une modification de la flexibilité comportementale et une altération de la neurogenèse dans le gyrus denté de l’hippocampe avec le 5 Fluorouracile (5-FU), pouvant être compensées par une co-administration de glucose (Dubois et al., 2014a, Neuropharmacology «Chemotherapy-induced long-term alteration of executive functions and hippocampal cell proliferation: role of glucose as adjuvant »).
  • La molécule Everolimus (inhibiteur de la voie de mTOR), n’induit aucun trouble des fonctions cognitives (étude inédite soutenue et financée par NOVARTIS). Le signal pour les oncologues est fort et très important : ils peuvent désormais prescrire cette molécule à leurs patients, en leur annonçant qu’elle est en mesure de préserver leurs capacités cognitives (Dubois M et al., 2014 Plos One “Evaluation of the impact of the cancer therapy everolimus on the central nervous system in mice”).

2015 : lancement de la plateforme Cancer et Cognition

Améliorer la prise en charge des séquelles du cancer et des traitements est clairement identifié comme un objectif du plan cancer 2015-2019 (action 8-3). La question de l’impact du cancer et de ses traitements semble intégrée aux développements thérapeutiques actuels.

L’expertise multidisciplinaire unique en France développée par le Cancéropôle Nord-Ouest est mise à la disposition de la communauté scientifique et médicale et des industries pharmaceutiques sous la forme d’une plateforme novatrice « Cancer et Cognition » permettant une évaluation des thérapies du cancer sur la qualité de vie et la cognition, tant sur le plan clinique que préclinique.

2016 : Labellisation par la Ligue Nationale contre le Cancer

La plateforme Cancer et Cognition est labellisée par la Ligue Nationale contre le Cancer.

Ouverture vers d’autres collaborations

Des collaborations ont été initiées et mises en œuvre avec :

  • UMR 6301 CNRS-CEA-UCBN « Imagerie et Stratégies Thérapeutiques des pathologies Cérébrales et Tumorales » (ISTCT),  Caen
  • L’UMR 8257 Cognac G, Paris
  • L’Ecole Normale Supérieure, Cachan
  • OncoNeuroTox (réseau Anocef)
  • GREC-Onco
  • Hopital du Val de Grâce, Paris
  • Hopital Pitié-Salpétrière, Paris

Ces collaborations permettent d’apporter une expertise dans le domaine des tumeurs du système nerveux central très complémentaire de celle du CNO grâce à un travail synergique entre neuropsychologues, statisticiens, informaticiens, ergonomes, cancérologues, neurologues avec pour ambition une structuration nationale.

L’objectif sera ensuite d’élargir les compétences et collaborations de la plateforme du CNO au niveau national. Dans ce sens, un dossier sera déposé à l’appel à projet de la Ligue Nationale Contre le Cancer (2016) afin d’obtenir un soutien aux Plateformes travaillant dans le domaine de la cancérologie, pour une durée de trois ans.